Birman

မြန်မာအက္ခရာ

Abugida · 33 lettres

Chaque consonne porte une voyelle sous-entendue — ka, pas k — et des signes accroches au-dessus, en dessous ou autour la changent. On apprend donc les consonnes, puis les signes de voyelle, puis les combinaisons : trois etapes au lieu d'une. Toutes les écritures de l'Inde, plus le thaï et le khmer.

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Des cercles, et la faute au palmier

Presque chaque lettre birmane est un cercle ou un arc. Ce n'est pas un choix d'esthète : on écrivait au stylet sur des feuilles de palmier, qu'un trait droit fend dans le sens des fibres.

C'est la première chose qui sert : un texte birman se reconnaît de loin, avant qu'on distingue un seul signe, et l'écriture ne sert qu'à la Birmanie. La reconnaître place donc la photo d'un coup.

Une autre écriture s'est arrondie pour la même raison, à l'autre bout du golfe du Bengale : celle de l'Odisha. Les deux se ressemblent de loin et ne se confondent pas de près.

L'ordre de l'Inde, et des médianes en plus

Les trente-trois consonnes sont celles de la grammaire sanskrite, dans le même ordre : gutturales, palatales, retroflexes, dentales, labiales, puis semi-voyelles et sifflantes. Le birman descend de la brahmi comme les écritures de l'Inde.

Mais il y ajoute quelque chose qu'elles n'ont pas : les médianes. Ce sont des consonnes glissées dans la syllabe, dessinées en arc autour de la lettre ou accrochées dessous, et elles sont partout — မြို့, « ville », en porte une.

C'est pour cela que le birman ne se range pas avec les huit écritures indiennes de cette section : il en partage la table et pas la mécanique.

Mille ans entre l'écriture et la parole

ရန်ကုန် s'écrit « ran-kun » et se dit « Yangon ». Le ရ était un « r » au onzième siècle et se prononce « y » aujourd'hui : l'orthographe n'a pas suivi, comme le français écrit encore les consonnes qu'il ne dit plus.

S'y ajoute que la voyelle sous-entendue ne s'écrit nulle part, et qu'un signe — l'asat — la fait taire : ရန် porte un « r », un « n » et rien entre les deux.

Relevé sur les soixante-sept noms birmans de nos paquets, une transcription mécanique en rend trois pour cent. C'est le chiffre le plus bas de toute la section, et il n'y a donc pas de quiz de noms de lieux ici.

Ce qui rend quand même

မြို့ termine la plupart des noms de villes, တိုင်း le nom des sept régions, ပြည်နယ် celui des sept États. Trois mots, et la structure administrative du pays se lit sur un panneau.

Avec ဘုရား, « pagode », qu'on croise partout, et les quatre points cardinaux, cela fait une dizaine de signes qui rendent plus que les trente-trois consonnes réunies.

Anti-sèche

Les trente-trois consonnes

Rangées par point d'articulation, du fond de la gorge aux lèvres, comme dans les écritures de l'Inde : c'est la classification de la grammaire sanskrite, vieille de deux mille cinq cents ans.

ကka gyikle son k, gutturale
ခkha gwekhle son kh, gutturale
ဂga ngegle son g, gutturale
ဃga gyigle son g, gutturale
ငngangle son ng, gutturale
စsa lonesle son s, palatale
ဆhsa leinhsle son hs, palatale
ဇza gwezle son z, palatale
ဈza myin zwezle son z, palatale
ညnyanyle son ny, palatale
ဋta ta lin gyettle son t, retroflexe
ဌhta wun behtle son ht, retroflexe
ဍda yin gaukdle son d, retroflexe
ဎda yei hmotedle son d, retroflexe
ဏna gyinle son n, retroflexe
တta wun butle son t, dentale
ထhta hsin duhtle son ht, dentale
ဒda dwedle son d, dentale
ဓda auk chaikdle son d, dentale
နna ngenle son n, dentale
ပpa zaukple son p, labiale
ဖhpa u htokehple son hp, labiale
ဗba htet chaikble son b, labiale
ဘba goneble son b, labiale
မmamle son m, labiale
ယya pet letyle son y, semi-voyelle
ရya gaukyle son y, semi-voyelle
လlalle son l, semi-voyelle
ဝwawle son w, semi-voyelle
သthathle son th, sifflante
ဟhahle son h, sifflante
ဠla gyille son l, sifflante
အale son muet, sifflante

Les voyelles

Posées autour de la consonne — dessus, dessous, avant, après. Elles remplacent le « a » que la consonne porte seule. Celles qui se dessinent à gauche se lisent quand même après : c'est une affaire de tracé, pas d'ordre.

ာaale son à, tenu
ိiile son i
ီi longile son i, tenu
ုuule son ou
ူu longule son ou, tenu
ေeele son e
ဲe brefele son e, bref
ောawawle son o ouvert
ံanusvarannasalise la syllabe

Les médianes

Ce que le birman a et que les écritures de l'Inde n'ont pas : des consonnes glissées dans la syllabe. Elles sont parmi les signes les plus fréquents de l'écriture.

ျya pinyGlisse un « y » entre la consonne et sa voyelle.
ြya yityLe même son, dessine en arc autour de la consonne. Troisième caractère le plus fréquent de nos noms birmans : မြို့, « ville », en porte un.
ွwa hswewGlisse un « w ». Se pose sous la consonne.
ှha htohSouffle la consonne qui précède.

L'asat et les tons

L'asat ferme les syllabes et décide de la lecture ; les deux autres notent des tons, qui ne se transcrivent pas. Le dernier empile une consonne sous une autre.

်asatFait taire la voyelle de la consonne : ရန် est « ran » et non « rana ».
့auk myitMarque un ton, sous la lettre.
းwisa loneMarque un autre ton, par deux points à droite.
္pat sintEmpile la consonne suivante sous la précédente.

Les mots des panneaux

မြန်မာmyanmaBirmanie
မြို့myoville
ရန်ကုန်yangonRangoun
တိုင်းtaingrégion
ပြည်နယ်pyi neÉtat
ရွာywavillage
လမ်းlanrue
ဘူတာbutagare
စျေးzeimarché
ဘုရားhpayapagode
မြစ်myitfleuve
တောင်taungmontagne
မြောက်myauknord
အရှေ့asheest
အနောက်anaukouest
လေဆိပ်leseikaéroport
ဆေးရုံhsehyounhôpital

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